Amicale des anciens élèves et amis de l'Institution Libre de Combrée

"Tenace à n'en jamais démordre"

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François Drouet

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Julien Gracq, écrivain intègre

 

Écrivain discret, dédaigneux des modes et des honneurs, il a cultivé un style, dense, parfois engorgé d'adjectifs, comme dans Au château d'Argol, mais qui n'avait pas l'ambition du paraître. Fidèle toute sa vie aux éditions José Corti, fidèle à sa conception de la littérature, il ne s'est jamais compromis avec la tartufferie littéraire de la seconde moitié du XXe siècle, tartufferie qui n'en finit plus. Le 3 décembre 1951, reconnaissant dans son roman, Le Rivage des Syrtes, une œuvre singulière, l'Académie Goncourt lui décerne son prix qu'il déclare aussitôt refuser. Il reversera ses droits d'auteur à la Croix-Rouge française.

 

 

La maison de Gracq à Saint-Florent-le-Vieil

 

Ami d'Ernst Jünger, l'auteur allemand de Sur les Falaises de marbre et de Orages d'acier, il avait aussi une amitié pour Stendhal. Julien Gracq resta discret, menant sa carrière d'écrivain en parallèle de son métier de professeur d'histoire et géographie. Installé à Paris, rue de Grenelle, de 1947 à 1970, année de sa "retraite", il se tint à distance des contorsions littéraires de la capitale, déclinant notamment les invitations élyséennes et la Légion d'honneur. Ce qu'il dit par exemple des honneurs dans La littérature à l'estomac : " Puisque j'en suis aux prix littéraires, et avec l'extrême méfiance que l'on doit mettre à solliciter son intervention dans les lieux publics, je me permets de signaler à la police, qui réprime en principe les attentats à la pudeur, qu'il est temps de mettre un terme au spectacle glaçant d' "écrivains" dressés de naissance sur le train arrière et que des sadiques appâtent aujourd'hui au coin des rues avec n'importe quoi : une bouteille de vin, un camembert..."

 

N'importe quoi. Voilà une locution bien utile à chaque rentrée littéraire pour décrire les monceaux de livres plats et fumeux, rédigés par des phraseurs consensuels, mais dont la critique ne manque pas de faire les plus grands éloges. Civilisation de l'éloge et du superlatif dans laquelle nous vivons. Sans les emplâtres publicitaires et le soutien complice et intéressé des critiques à la botte des maisons d'édition, la rentrée littéraire serait un glacis littéraire. Ce qu'elle est du reste vraiment. Le mot de Rivarol ne se dément pas : " Un livre qu'on soutient est un livre qui tombe ".

 

JMG  

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