La chapelle du Collège
![]() |
Nous y avons prié, chanté, communié, servi la messe, défilé, peut-être aussi joué d’un instrument. C’était et c’est toujours le centre de l’établissement tant géographique que spirituel. Un lieu d'émotions, de promesses et d'engagement. Elle pouvait s'effondrer annonçait-on ; elle est toujours là. Quelle est son histoire ? |
Naissance
La construction du « Collège », œuvre de l’architecte Duvêtre fut commandée et financée par Mgr Angebault dont la statue orne l’entrée ; il en pose la première pierre le 19 avril 1854 .
Louis Duvêtre (Privas 1816 - Angers 1881) est architecte diocésain. Auteur de nombreuses églises et monuments publics, il lègue sa fortune (environ 450 000 francs or) à la Ville d'Angers, pour fonder des bourses dans différents établissements d'enseignement.
|
|
Des commissions d’architectes ont préparé les chantiers comme le suggère ce document (novembre 1854) issu des Archives Diocésaines d’Angers. On peut y lire après le sous-titre « Petit Séminaire de Combrée Chapelle » le texte suivant : |
|
On y lit aussi que lors de la séance suivante du 15 novembre 1854, il est question de bâtir une église à « Tout le monde » dont M. Duvêtre semble être chargé malgré son absence ce jour-là : sans doute était-il très occupé par celle du collège de Combrée. « Notre-Dame-de-la-Nativité », contemporaine de notre chapelle, est au centre de ce village. |
![]() |
Toutlemonde (en un seul mot) est une commune créée en 1864 à partir d’un hameau, actuellement dans l’intercommunalité de Cholet. D’où vient cette toponymie ? Parce qu’une grande assemblée locale s'y déroulait tous les ans, rassemblant un grand nombre d'habitants du pays ... c’est à dire tout le monde, expression qui deviendra naturellement le nom du village lors de sa création !
![]() |
La construction du collège se poursuit pendant quatre ans et, l’année suivante, les bâtisseurs arrivent au point d’orgue de cet ensemble, c’est à dire la chapelle. Louis Levoyer (deuxième supérieur), dans sa « Notice historique sur l’Institution de Combrée » donne ci-contre la date de naissance de la Chapelle : fin 1855. Pas de petite plaque commémorative comme pour le Collège, mais deux plaques, à l’intérieur de la Chapelle, l’une pour sa consécration et l’autre pour la liste des bienfaiteurs et donateurs. |
Construction
Louis Levoyer poursuit ainsi sa description du suivi de la construction du Collège.
|
Dans ses dires, on peut remarquer les difficultés qu’entretenait la présence des élèves dans la première aile terminée (dès octobre 1858) et celle d’un nombre insuffisant de leurs professeurs ; la distribution des prix de 1858 a sans doute eu lieu dans l’ancien collège : en effet la Salle Saint Augustin n’existait pas et il ne devait pas être question de mettre une tente au milieu du chantier. |
![]() |
Un « Guide de visite de la Chapelle » est édité en 1858 (transcrit dans deux Bulletins de 1992) et proposé aux visiteurs de l’époque ; il donne quelques informations sur son architecture : « L'objet sur lequel en entrant [dans la cour intérieure] vous fixez le plus volontiers votre attention est la façade même de la chapelle. Inutile peut-être de vous faire ici remarquer moi même que vous avez là devant les yeux un monument qui, dans chacune de ses parties, est une application du beau style ogival du XIllème siècle. »
| Ce style du XIIIe siècle, que les architectes de cette époque copiaient volontiers, ne plaisait pas à tout le monde comme à cet éminent professeur : Thimothée Houdebine, cours 1881, professeur d’histoire de 1890 à 1937 (Cf. le site 🔒), secrétaire de l’Amicale, rédacteur du Bulletin (20 ans durant), surnommé la « mitraillette historique », auteur de l’Histoire religieuse de l’Anjou (🔒)et de nombreux écrits ; voici un extrait de ses archives manuscrites : |

D’autres extraits de ces archives sont retranscrits dans les Bulletins : dans celui de septembre 1993, il parle des matériaux utilisés :
« ... Entrent en action tous les corps de métier :
- Les extracteurs de "pierres du Pont", à 1 km 500 du nouveau Collège.
- Les transporteurs par tombereaux et charrettes : de pierres du Pont, de pierres de granit de Bécon, de sable rouge et de sable blanc, de la chaux en barrique issue des fours de Sainte Marie de la Touche et des fours de l'Etoile (au total 503 barriques), des 6.561 tuffeaux blancs du Lion-d' Angers (Les tuffeaux proviennent des carrières de Saint-Cyr-en-Bourg et sont acheminés au Lion-d'Angers par voie d'eau pour répartition aux constructions dans la région). »
Inauguration solennelle
![]() |
L'inauguration de la Chapelle, les 26 et 27 juillet 1858 fut l'une des plus grandes fêtes que la région ait connue ; ce dessin extrait du livre de Louis Levoyer montre un intérieur certes dépouillé, mais comportant déjà l’essentiel :
|
|
Cette Fête de l’Inauguration est annoncée dans toute la région. L'affiche comporte, en bas à gauche, le « Programme » des deux jours et, en bas à droite, un « Avis important » que nous avons transcrit ici. Le détail des descriptions varie selon les sources, mais toutes s’accordent sur un point le gigantisme de l’événement pour cette époque. Pour Henri Gazeau dans « Combrée, ma maison » : |
![]() |
|
Pour Louis Levoyer dans sa "Notice historique ...." : |
![]() |
La meilleure image de cet évènement est peut-être cette gravure d’époque due à l'ancien élève Derancourt ; en voici la description.
Aménagements
Comme il est dit plus haut, elle n’était pas vide lors de son inauguration ! L’abbé Thimothée Houdebine, cité plus haut, donne des éléments constructifs sur les origines de son contenu :
|
- Polychromée ! Surprise et, peut-être regrets, pour nous qui l'avons beaucoup fréquentée ! Mais la réalité obtenue n’est pas toujours conforme aux plans initiaux : rien de certain quant aux causes de ce changement de plan ! |
|
|
|
- Les stalles du chœur pour les célébrants |
![]() |
|
|
- Crédence : table où sont disposés les objets nécessaires à la célébration de l'Eucharistie ; Le château de la famille de La Garoullaye était un but de promenades pour les élèves. Les membres de la famille Bazin usèrent les bancs du Collège entre 1845 et 2005. |
![]() |
|
| - La sacristie a subit de nombreuses mutations ; elle se situait à droite de la chapelle le long du passage entre le cloître et la cour arrière ; elle fut vendue aux enchères en 2005 et meuble un château. | ||
![]() |
![]() |
|
- Les 15 vitraux étaient en place dès 1858 sont décrits dans le « Guide de la Chapelle » . Ils sont aussi exposés sur le site dans la rubrique « Musée virtuel » réservée adhérent (🔒) en couleur, leur histoire et leur(s) donateur(s). À leur sujet, Timothée Houdebine écrit :
![]() |
![]() |
- Dans le chœur, la tombe de François Drouet fut accompagnée par la suite de celles des autres supérieurs ; un emplacement est réservé au dernier supérieur (le chanoine Antoine Pateau) décédé après la fermeture du Collège. Vous trouverez tous les détails de ces sépultures dans la rubrique « Musée Virtuel » réservée aux adhérents (🔒).
- À l’intérieur de la chapelle il y a trois plaques commémoratives évoquées plus haut :
![]() |
|
![]() |
À l'extérieur de la Chapelle, de part et d'autre de la grande porte, il y a deux plaques commémorants les morts pour la France pendant les guerres de 1914-1918 et 1939-1945. En voir les photos ici.
- La cloche de la chapelle actuelle n’est pas celle de sa construction ; la première cloche de 1829 était transférée de l’ancien collège ; la seconde est arrivée en 1990 grâce à une souscription. Relire leurs hiqtoires dans le focus de décembre 2025.
- L’orgue a lui aussi connu quelques changements et remaniements :
-
-
-
-
- Ce fut d’abord celui de l’ancien collège, inauguré en 1863 : « ...il était l'une des reliques survivantes du vieux collège et la vénération qu'à ce titre il nous inspirait ne suffisait plus,.. ».
- Il fut remplacé en 1931 par le dernier orgue fabriqué par la maison Tronchet de Nogent-le-Rotrou, donc une occasion ; ; il fut inauguré le 3 mai 1931 en présence des nombreuses personnalités, après souscription. Le Bulletin de février 1931 précise : « (...)Voici quelles seront les caractéristiques du nôtre : il aura dix jeux, deux claviers et un pédalier de deux octaves et demie ; soufflerie électrique, mécanique moderne ; la console sera placée face à l'autel, de sorte que l'organiste pourra suivre le célébrant dans tous ses mouvements (...). Et, naturellement, vous me posez la question de confiance "A combien reviendra notre orgue ?". Tout posé, à quatre-vingt mille francs environ. Et c'est bon marché, paraît-il, le jeu se payant actuellement dix mille francs. (...) »
- Cet orgue a été restauré grâce aux subventions régionales et à nouveau inauguré le 14 juin 2003 après une trentaine d’années d’arrêt (soit depuis 1970 ??). Cf. Bulletins de 2002-2003
-
-
-
Évènements récents
-
-
- Bien sûr, elle fut le siège de très nombreux offices religieux remarquables décrits dans nos Bulletins évidemment. Hélas on ne peut pas traduire ici ces émotions, cette piété, ces prières dans le cœur de celles et ceux qui y étaient.
- Elle fut, très tôt, le lieu privilégié de nombreuses chorales sous la baguette d’illustres professeurs faisant interpréter de non moins illustres œuvres musicales comme le « Messie de Hændel » par l’abbé Victor Clavereau dans les années 50.
-
Peu après la fermeture de l’établissement, elle fut interdite à la visite ; des capteurs-témoins ont été posé ; à notre connaissance aucun mouvement ni fissures n’y ont été décelés.
-
Après les ventes aux enchères de 2005, l’Amicale y a stocké tout ce qu’elle avait pu sauver. Après l’inventaire réalisé en 2017, les biens de l’Amicale ont été entreposés ailleurs, une partie est confiée aux archives diocésaines d’Angers. La commission « Musée » créée par l’Amicale examinera avec Domaine comment rassembler ces archives.
- La tempête de l’hiver 1979-1980 (force 10 Beaufort) a détruit le grand vitrail central, au-dessus du chœur. Grâce aux photos de l’abbé Edouard Banchereau et à des donateurs anonymes, ce vitrail a été reconstitué par un maître-verrier, le trou béant de 60 cm de diamètre réparé. Cf. Bulletin juillet 1981.
- Après les ventes aux enchères de 2005, l’Amicale a stocké dans la chapelle tout ce qu’elle avait pu sauver. L’inventaire de son contenu a été fait en 2017 et les biens de l’Amicale ont été stocké ailleurs, ils n'avaient pas été détériorés par l'humidité ; une partie est déposée aux Archives Diocésaines d’Angers. La commission « Musée » créée par l’Amicale proposera à Domaine de quoi rassembler toutes nos archives.
- Hélas, depuis la fermeture du Collège, des déprédations irréparables ont été commises lors d’intrusions : la maquette du Collège y a été massacrée au point de ne rien pouvoir récupérer. Plus récemment les personnages de la crèche ont disparu ; deux photos datées de 2005 pour se les remettre en mémoire :
- Bien sûr, elle fut le siège de très nombreux offices religieux remarquables décrits dans nos Bulletins évidemment. Hélas on ne peut pas traduire ici ces émotions, cette piété, ces prières dans le cœur de celles et ceux qui y étaient.
-
![]() |
-
-
- Domaine en a évoqué récemment l’avenir : elle sera préservée au centre de l’établissement et pourra être utilisée aussi bien pour des activités profanes que pour des offices religieux ; une commission "Chapelle" vient d’être créée par l’Amicale pour faire des propositions au repreneur.
-
Jean-Louis Boulangé, cours 1964![]()
Sources
« Notice historique sur le collège de Combrée », 1877, Louis Levoyer, deuxième supérieur
« M. l’abbé François Claude », 1898, Alexis Crosnier (c.1874), secrétaire Amicale
« Guide de la Chapelle de l’Institution de Combrée » 1858
« Archives de l’abbé Timothée Houdebine », (c.1881), professeur d’histoire
Les Bulletins de l'Amicale accessibles par les adhérents sur le site internet
Le site internet de l’Amicale dont une partie sert aux illustrations du texte
Archives départementales du Maine-et-Loire
Archives diocésaines d'Angers
Remerciements à
G. Label, archiviste des Archives diocésaines d’Angers,
Etienne Charbonneau, pour ses archives familiales
![]()


























